• septembre
  • 26
  • 2008

La finance du dimanche

Puisque tout le monde est expert financier en ce moment, moi aussi alors ! Oui, je me dois d’intervenir, car ces appels à la “régulation” sans préciser de quoi il s’agit et par qui et comment, et les appels à la “sanction” des “responsables” me semble un peu en deçà du sujet. Brûlons deux ou trois hérétiques, et la pluie reviendra ! Loin de moi l’idée de défendre les traders qui ont bu le champagne pendant des années avec de l’argent virtuel (1) au contraire, le nouveau pauvre issu des classes élévées façon 1929 me manque (2), mais je trouve que tout simplement on s’égare. Des responsables il y en a beaucoup. Les millions de gogos qui se sont endettés à taux variable, abreuvés de bon sens expliquant que l’immobilier celà ne baisse jamais, sont également responsables. Greenspan et son argent gratuit pour amortir la fin de la bulle internet, responsable, La BCE et la commission complétement inactives, responsables, les Etats qui se déchargent et ne font plus que communiquer, responsables, le FMI aveugle, responsable. Tous ceux qui ont laissé nos économies occidentales devenir des casinos financiers et des grandes surfaces de l’endettement, sans investissement réels à la hauteur des enjeux à long terme en industries et batiments de nouvelles générations, en services publics, en infrastructure, en agriculture véritablement moderne, responsables de même.
Et en attendant les dégâts se chiffrent en centaines de milliards. Envoyez donc au bûcher quelques traders et banquiers, je serais de la fête, mais ne croyons pas que celà apurera quoi que ce soit de significatif. Les contribuables solidaires qui se plaignent que les américains doivent payer pour sauver les “investisseurs hasardeux” seraient les premiers à réclamer l’intervention de l’Etat si leur banque à eux avec leur argent menacait de faire faillite. Et dans ce genre de cas, mieux vaut une intervention précoce que tardive. Les démocrates ont une position plus constructive en demandant que cet argent soit également distribué “par le bas”.
Et la régulation! la régulation ! Avec l’augmentation des places en crèche et le ferroutage, celà fait partie des tartes à la crème best sellers de la gastronomie politique française. Mais de quoi parle-t-on ? Rendre plus draconien les règles d’evaluation d’actifs ? Augmenter les encours nécessaires ? Cloisonner les types d’actif ? Un gars ici fait une analyse un peu plus fine et retrospective de ce qu’implique la “régulation”:
http://www.johannorberg.net/?page=displayblog&month=9&year=2008#2871
Je trouve que le débat en est un peu mieux nourri, même si Norberg met sur le même plan une fixation de taux directeur (choix politique) et par exemple une séparation entre banque de détail et banque d’investissement (ce qui est une régulation par réglementation). Mais il rappelle bien que l’économie est une chose si complexe que toute action se soldera à un moment où à un autre par une réaction, 5 mois ou 20 ans plus tard. Alors il faut bien reflechir et ne pas lancer des solgans creux.
Pour ma part je crois plus au retour de la redistribution pour stabiliser l’économie. En laissant courir les inégalités, l’endettement et en décourageant les placements pour les ménages modestes, les pays occidentaux ont encouragé les placements à risque, car une personne à revenu moyen est naturellement plus prudente avec son maigre pécule.
De plus celui-çi est garanti jusqu’à 70000 euros, par mutualisation obligatoire des risques entre banquiers:
http://www.banquedefrance.net/fr/supervi/regle_bafi/comment/regle4.htm
…hors societé de gestion de portefeuille. Conclusion les placements les moins volatils et les moins élevés, ceux des personnes modestes, sont garantis par les banques elle-même qui ont interêt à faire attention. Ceux plus elevés et plus risqués ne le sont pas. Ce qui montre au passage que l’idée de Sarko de garantir par l’Etat (ce qui est faux, l’Etat impose la garantie mais ne garantit pas) outre qu’elle est ridicule et ne sera jamais adoptée, va encore une fois dans le mauvais sens.
C’est lorsque l’argent est trop concentré entre les mêmes mains qu’on en fait n’importe quoi et qu’on oublie qu’il doit correspondre à quelque chose de réel. On a organisé des societés où le pognon est dans les mêmes mains tandis que les autres sont encouragés à s’endetter, car il faut tout de même bien que l’argent tourne.

(1) Canard enchainé du 24 septembre, qui reprend le point: les traders anglais licenciés viennent toucher leur chômage en France (et émargent facilement au plafond des indemnités)

(2) vous avez remarqué ? Si le déclassement des classes moyenne se porte très bien, celui des très riche a disparu. On entend plus parler de financier en faillite, d’héritier ruiné, d’aristocrate déclassé.. Maintenant quand vous êtes très riche, vous le restez

  • mai
  • 26
  • 2008

Je suis un romain

Je suis un romain
Je suis un plebeïen
Je suis sec comme ma terre
dont j’ai pris la chaleur
Je mange peu,
Le feu qui brûle en moi ne s´eteint jamais
Je n´appartiens à personne
mais ma place ne changera pas
Mes ancêtres ont au moins gagné
le droit qu´on me foute la paix
Alors ils paieront tous, les barbares,
les patriciens, les esclaves,
et même les dieux
Je suis seul, mais je suis
plus fort que la mort
Et lorsque je tomberai
ma force emplira l´histoire à tout jamais
Je suis un romain

  • mai
  • 16
  • 2008

Et mon empreinte digitale pour un bol de riz c’est pour quand ?

Bon alors maintenant on me demande mon passeport pour utiliser un ordinateur dans un cybercafe. On le scanne et tout. Le desagremment n’est pas important mais s’ajoute a une colere grandissante envers cet Etat policier nationaliste qui posera de grand problemes a son peuple a terme, meme si en ce moment ca carbure et que beaucoup en occident perdent tout esprit critique juste parce que la Chine beneficie des faveurs du Dieu croissance.
Moi, le massacre de l’individualite et de la liberte par le PCC me fait de plus en plus mal, surtout pour les chinois. Et leur propagande ressortie depuis Tiannamen (la Chine a besoin de temps, la Chine doit se developper d’abord) alors que les annees passent et que rien ne bouge, et alors que d’autres pays asiatiques se sont developpe en etant en democratie bien plus tot (Coree du Sud, Taiwan) m’irrite de plus en plus. Enfin, on me dit que les chinois sont heureux car avec cette croissance ils ont la tete dans le guidon et que ca leur va bien

A ce stade, j’aurai besoin de converser de maniere approfondie avec un chinois continental sur ce sujet, mais la barriere de la langue…
Apres avoir ete ebahi, interloque, etonne, amuse, agace, je suis maintenant dans une phase bien plus critique. Et dans l’incapacite de mettre a l’epreuve mes critiques, il est peut etre temps de mettre les voiles avant que ces critiques ne se transforment, avec les irritations quotidiennes, en aigreur et en denigrement. Je crois arriver au terme de ce que je pouvais tirer de ce voyage en tant que touriste urbain. Il me faut maintenant du temps pour reflechir, confronter mes reflexions, et revenir eventuellement dans un autre contexte (etudes, projet economique, maitrise du chinois).
Bon par contre, j’avais envie de revenir par le transiberien, mais je ne sais pas si j’ai envie de supporter une autre dictature nationaliste et policiere, sa paperasse tatillonne et son mepris des occidentaux, decadents attardes qui n’ont plus les faveurs du Dieu croissance

  • mai
  • 16
  • 2008

Ah ben non tiens

Il y a quelque temps j’avais defendu la fierte des geeks, en estimmant notamment qu’eux au moins ne polluaient pas. Bon apparemment ce n’est pas si exact. D’apres cet article:
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=108365&titre=Un%20%AB%20avatar%20%BB%20virtuel%20consomme%20autant%20d’%E9nergie%20qu’un%20vrai%20Br%E9silien
Un avatar de second life consomme plus qu’un camerounais ! Cela dit, je pense que le potentiel d’economies en terme de consommation d’Energie des materiels informatique est immense d’autant que cet aspect n’a jamais fait l’objet d’un veritable effort d’innovation. Je peux parier que l’equivalent carbone d’une heure de jeux video baissera dans les annees a venir bien plus vite que l’equivalent carbonne d’une heure de 4×4.
Mince, il faut une autre matrice pour nourrir la matrice !
Bref geek, ne rebaisse pas la tete, mais fait gaffe

  • mai
  • 6
  • 2008

Celtrip.com

La Chine c’est grand, ce n’est pas une grande nouvelle…Alors pour se deplacer de region a region plusieurs possibilite : le bus, le train, l’avion…En ce debut du mois de mai, les Chinois voyagent car c’est la semaine de vacances du 1er mai. Pour se rendre de Qingdao a Beijing nous avions choisi le train de nuit : plus de places, on se rabat sur le bus : plus de place non plus…Alors la, on trouve THE plan hyper competitif sur www.ctrip.com, Yeah des billets d’avion a 40 euros, 1 heure de vol au lieu de 10 heures de bus, le bon plan quoi! En deux temps trois mouvements on reserve nos billets sur internet pour le lendemain, c’est trop pratique, c’est la fete a la maison, demain on vole pour Beijing!
En fin presque…
Le lendemain, 1 heure avant de lever le camp, on recoit 10 textos de ctrip, des textos en chinois biensur, puis 1 texto en anglais <problem, tickets concelled, call us ASAP>. Bon bon bon, on les appelle, sauf qu’on tombe soit sur une messagerie soit sur un chinois qui parle que chinois. On recoit un mail, en chinois aussi, on a bien un dictionnaire chinois francais mais caractere par caractere ca va etre long! Meilleure idee : retrouver le gars qu’on a croise la veille, il s’appelle DU, il est chinois ET il parle anglais. Ok, il est au bar de l auberge, il nous aide volontier. Il appelle ctrip, discute 20 bonnes minutes , bilan : il reste des billets au meme prix mais  l’avion part a 20h au lieu de 14h. Nickel, on le prend! Faudra etre a l’aeroport a 18h nous dit DU pour payer les billets au guichet de ctrip, OK on y sera! En attendant, il fait beau, on se pose, on profite de la mer jaune, ah qu’on est bien, dans quelques heures on decole pour Beijing!
Ouais enfin…c’etait pas gagne d”avance!
Apres avoir remercie Du pour son aide a coup de bierre Qingdao, on prend le bus pour l aeroport, 30km=1heure avec les suspenssion dans les fesses.
Donc pour resumer, a ce moment la, on a pas de billet de train, pas de billet de  bus, un billet d’avion annule’ une conversation entre 1 chinois et ctrip, un rendez-vous a l’aeroport ppour acheter les billets, un ticket de supermarche au dos duquel sontnotes les horaires du vole et une bonne humeur a toute epreuve….ca ‘est le plus important pour la suite.

Donc nous parvenous, nous et nos fesses, a l’aeroport, easy, on a une heure pour trouver le bureau ctrip et payer les billets. On fqit un aller retour dans l aeroport (immense). Rien. Demande au comptoir d’une compagnie aerienne <do you know ctrip?, where is the desk?> reponses negatives et froides, voire hostiles. 2eme aller retour. A nouveau des reponses franchement inamicales a nos questions. Coup de fil a Du, moitie de phrase : plus de jus dans le portable. Augmentation de la temperature corporelle. Decouverte des points de recharge de mobiles publics, truc chinois. La en rechargeant, coup de fil de ctrip, une nana qui parle en anglais. Ouiiii on est la! oui 18h, oui mais c’est ou le bureau ctrip???? reponse : 2nd floor, 2nd dorr waiting bulding. OKEEeee, a nouveau un aller retour dans le hall immense a la recherche du waiting bulding que personne connait. Le telephone sonne, un chinois de ctrip qui parle que chinois. Envie de crier putain de bordel mais ils sont ou ctrip?? plus que 5 minutes pour prendre les billets. On tourne en rond, un mec, un quidqm emerge de derriere un palmier en plasstique a cote de la porte B en tendant des billets electroniaues a nos noms. Il a pas de badge ctrip ni rien, parle que chinois mais on comprend que c est lui le bureau ctrip. Il veut du cash mais pas question sans etre sur de ces billets. Om va avec lui a une borne electronique, ca marche. Je le paye en liquide de la main a la main, debout dans le hall au milieu des passants, il me rend la monnaie en sortant un billet de sapoche. Et voila comment on reduit les couts avec le e-business! celtrip.com, les business models du futur!

  • avril
  • 24
  • 2008

C’te blague

Alors a Nanchang il faut voir le pavillon du prince des Teng. Le genre d’endroit desservi par des nuees de cars de touristes et accessible avec un droit d’entree cher et discrimminatoire pour les etrangers. Vous savez ce que je pense de ce genre de place que j’ai donc soigneusement jusqu’ici mais cet apres-midi du 24/04, en attendant le train du soir pour shanghai, je n’ai tellement pas grand chose a faire dans la ville que je decide de me forcer un peu, d’autant que l’emdroit m’a ete vante par un guide chinois d’un matin.

Le resultat sera au-dela de mes esperances. Je ne pense pas qu’il y ait parmi les quelques lecteurs de ce blog des restaurateurs de batiments et objets d’art ancien, noble metier dont je sais la difficulte et le temps d’apprentissage. Mais si c’est le cas je leur conseille d’arreter la leur lecture. Les autres peuvent poursuivre.

De loin, le venerable natiment aristocratique est en effet impressionnant:


De loin, ca envoie du paquebot

De pres, ca fait mal.
Ils ont installe un ascenseur au milieu de batiment.
Au rez -de-chausse un stand “fais-toi photographier en Song” .
A chaque etage au moins deux boutiques de souvenirs, a cote de pieces decorees par des fresques toutes realisees en 1989, et de reproduction en bronze de mediocre qualite.
La qualite des imitations peintes est au mieux passable (subjectif) mais surtout il n’y a aucune coherence stylistique. Je suis certain qu’a aucun moment la pagode n’a ete decoree ainsi, sans que je n’aie aucune connaissance en histoire de l’art chinois. Mais ca saute aux yeux. Et le palais est sense etre ‘restaure’ comme sous les Songs.

En fait il a du ramasser severe pendant la revolution culturelle. Ensuite il n’a pas ete ‘restaure’ mais reconstuit a l’arrache. Ca fait une sacree difference. Sur le balcon on se rend compte que celui-ci est en beton avec une couche de plastitruc couleur bois laque. Les tuiles verte sont en ceramique industrielle laquee de mediocre qualite. Les couches de peinture ont ete passee a la va-vite.  


Toi aussi sois un noble chinois de l’empire !


balcon en beton


Tuiles en ceramique industrielle laquee verte. Taches de peinture blanche


Peinture a la va-vite


Carreaux industriels et laque de mauvaise qualite qui se barre


Entre les tuiles industrielles a la finition mediocre, le ciment deborde


Imitation. On est tres loin de se croire sous l’empire (couleurs, durabilite, materiaux, composition, tout). D’autant la fresque de l’autre etage n’aura strictement rien a voir au niveau du style.

L’ensemble est parcouru par des groupes de touristes parfois en casquette. Il y a parfois des guides tres serieux. Comme ils peuvent se retrouver face a d’autres guides, ils prennent soin de s’equiper de micro ou haut-parleur afin de faire de plus de bruit que l’autre.

Il y a quelques salles avec des pieces anciennes, mais tout est en chinois. Je ne dirai rien si je n’avais pas paye mon tarif etrangers.

J’ai l’impression d’etre dans un parc d’attraction sans les attractions. 4.5 euros, ca fait cher la mascarade. Au moins je suis conforte dans ma mefiance envers les sites touristiques de masse chinois.

Parait qu’il y a un Starbucks dans la cite interdite. Gloups.

  • avril
  • 18
  • 2008

Changsha

Changsha est une ville modele, entendez par la qu’elle est equipee d’arteres si larges qu’il n’est meme plus la peine d’esperer les traverser en evitant des passages souterrains, de pollution rance, d’un plan dessine avec des carreaux de salle de bain et de gratte-ciels luminiques gaiement speculatifs. La premiere impression fut si mediocre, qu’arrivant le soir, j’avais prevu de repartir des le lendemain. Finalement je decide de rester 1 jour, il y a un musee riche sur la periode des han de l’ouest et un peu de culture fera du bien a un cerveau qui ne fait qu’enmagasiner des centains d’informations nouvelles comme un disque dur flambant neuf. 

Le lendemain donc je change d’hotel, ma chambre est triste. Je vais dans un monstrehotel. Avec des boutiques inside, un salon de massage pour les pieds au deuxieme, un cyber une salle de jeu et j’en passe. Je suis au 16e.


Vue du monstrhotel. Y avait pas de brouillard c’est la pollution 

La chambre a un ordi mais sans lecteur de cdrom. En fait un ordi public avec lecteur de cdrom est dur a trouver. Les cybers par exemple n’en ont aucun. Ce sont des installations en reseau. Mais j’ai des cds a lire. Je vais m’acheter un petit lecteur dvd usb, c’est pas cher et geek un jour geek toujours. Et la le patron, ou le plus audacieux des vendeurs me propose de se revoir pour une biere. Je lui dit ok ce soir.

Avec tout ca je rate le musee qui me ferme la porte au nez a 15h30. Je me rabat sur un memorial communiste pour Mao. Afin d’etre communiste jusqu’au bout, le truc est monumental a l’exterieur et vide a l’interieur. Y a bien quelques affiches Bac + 0.3 en illustrator mais c’est tout en chinois. Ininterressant.


Genre Style, Quoi.
Et pas un djeun

Alors au niveau culturel c’est rate. Mais ce dont je suis en train de me rendre compte, c’est que les Changhaien sont extrement sociables. Ce n’est pas seulement le vendeur de dvd. On m’aborde dans la rue, le serveur au resto tchatche et me file ses coordonnees, le groom du second hotel - qui est habille exactement comme spirou - tire le mieux de son anglais, et ca continuera jusqu’au bout.

Le soir donc, je retrouve le vendeur. Il est sur son 31, complet-cravate. Il est meme equipe d’un bouquet de fleurs qu’il doit offrir a une autre invitee qui doit nous rejoindre et qui vient de se marier. J’avoue que je ne comprend pas tres bien, mais bon je suis en phase d’observation. L’invitee (il me semble bien qu’on dit “she”) est prise et retarde dans une reunion d’affaire, ce qui embarrasse considerablement mon ami (simon)  qui ne sait visiblement pas quoi faire de moi. C’est pourtant pas complique: on attend tranquillement dans un endroit agreable en discutant et en buvant une ou deux bieres. Mais ca ne semble pas marcher comme ca en Chine. De toute facon j’ai faim, alors on va manger. Ensuite on va a l’hotel de l’invite ou la personne en question fait sa reunion dans le salon. Simon peut donc se debarrasser de ses fleurs. ca pete l’hotel, c’est un sheridon avec des pelletes d’etoiles. Le lustre du hall principal doit bien faire 4×4m. Dore partout blabla, clinquant quoi. On poireaute. Ca s’eternise pour l’invite et Simon m’emmene dans une rue chinoise bouillonnante, a l’ecart des grandes arteres, avec de nombreux boubouis en terrasse, des chinois qui passent en pyjama etc… J’aime ce genre d’endroit. Comme un autre jaune chinois ambitieux interesse par les occidentaux que je rencontrerai, l’homme a un tres beau costard mais pas une thune.
Le temps de commander les bieres, coup de fil de l’invitee qui est libre finalement.  Simon tout excite va la chercher. Et voila que je voit arriver 25mn apres un americain de 1.85m avec une casquette John Deere et qui s’appelle Kyle. Il fait fabriquer des couverts et d’autre trucs ici et a sa boite dans le wisconsin. Republicain et sympa, on tchatche pas mal. Simon lui, veut etre big boss et avoir une voiture. J’ai l’impression que tous les jeunes chinois veulent ca. Apres, cette vision est peut etre deformee par le fait que ce sont justement les plus anglophiles, ambitieux et osant qui m’abordent. Mais franchement, cette societe offre l’enrichissement comme seul vecteur d’epanouissement et les representations sont parlantes.


Simon-l’ambition a l’hotel bling bling


On veut des filles, on veut des bagnoles, on veut du bling-bling !!!

Il est temps ensuite d’aller au disccoooo. C’est le genre de club que j’ai deja decrit, dans tous les cas les clubs c’est comme les hotels et les accoutrements: ce sont les memes partout en Chine. Je commet l’erreur de jouer avec Simon au jeu de des a boire ce qui me fait terminer bien rond.

Bon allez le lendemain cassos. Je suis une demi-heure avant le depart de 14h30 a la gare ( je m’etais renseigne la veille). Et la on m’ecrit en chinois que c’est a une autre gare a l’autre bout de la ville que je dois aller. Heureusement je tombe sur deux etudiants qui m’aide a dechifrer le guichet qui n’aurait certainement pas pu me preciser ca la veille. Taxi. Cette ville est interminable, ce n’est pas fautre de construire en hauteur pourtant. Sur le periph la pollution est telle que je tousse. Le chauffeur a la solution: la cigarette ! Il insiste tellement que je prefere accepter pour qu’il se remette a surveiller la route (conduite sportive, j’en ai deja vu mais la, crispations) et je crapotte. On arrive comme il se doit a l’heure du depart. C’est gigantesque. Enfin paume dans le hall, je me fait secourir par une sympathique Changshaienne etudiante en anglais, qui m’accompagnera jusqu’au depart du bus.

Ville penible mais habitants bien sympa 

  • avril
  • 16
  • 2008

Dernier jour a Kailin

La veille, j’avais obtenu l’aide des lyceens pour acheter un billet de train a la gare. Je suis en mesure de preparer durement ma requete au guichet, mais si celui-ci repond c’est la cata ! Kaili - Changsha etant plus delicat qu’on trajet entre deux grandes villes, j’ai prefere m’assurer la presence d’allies.
Ayant obtenu mon billet pour le surlendemain, j’invitais mes eleves au resto. Il m’expliquent qu’ils ont cours d’anglais le lendemain a 10h et que je peux venir. Je vais voir ce que ca donne un cour d’anglais en Chine.


Qu’est-ce qu’ils s’envoient comme piment dans ce coin !

Le lendemain j’y suis et je me cale au fond (squatte par les quelques types). La prof arrive. Tres sympa. Ce cours d’anglais, c’est extrement joyeux mais applique. Ensuite ca demarre classique: corrections d’exercices, version, vocabulaire … lecture. La prof y met du sien mais faut avouer que si il s’en tiennent a la meme pedagogie qu’en France ca ne va pas le faire, enfin c’est mon opinion.

Vient mon tour: la curiosite du jour est appelee a participer au cours. Je parle un peu de la France, refait mon numero, tout ca. Puis je fait l’etranger qui veut changer de l’argent, car un des exercices est une “mise en situation”, j’entre 10 fois dans la piece, tend dix fois mon passeport, demande 10 fois 1000 rmb et tend 10 fois les 10 dollards que j’avais encore du bateau. Ben c’est bien cool. Cela dit je leur signale a la fin qu’on s’emmerde plus de cette maniere et que maintenant on va au distributeur a flouze. On finit par une lecture et je ne suis pas sur de la qualite pedagogique de mon accent anglais pourri.

En sortant la prof me demande des conseils de methodes. Je lui reponds que pour moi le principal obstacle a l’acquisition de la langue anglaise est la confiance en soi. Il faut commencer par parler, quitte a faire des erreurs. Le reste, la grammaire, le vocabulaire, l’amour de cette belle langue, vient apres. Donc le mieux est de supprimer les complexes en encourageant le dialogue impromptu entre les eleves, par de frequentes et chaleureuses felicitations, particulierement lorsqu’un eleve cree lui-meme une phrase et ne se contente pas d’en repeter une du manuel. 

On sort ensuite. Il fait beau, quel chouette moment avec ces eleves rafraichissants. Il veulent faire du basket. Ouiiiii Boffff….. PingPongShui ! Yes y a une table. En fait c’est un tas de beton, le filet est constituee de briques disposees horizontalement et j’ai les pieds dans une flaque d’eau. D’ailleurs mon fameux smash qui-frappe-le-sol-du-pied ecloubissera joyeusement trois chinoises. Mais ca marche. Tous les eleves defilent contre moi et certains donnent du fil a retordre.


Les eleves n’hesitent pas a faires les imbeciles avec la prof, mais ca ne pose pas de vrais problemes de discipline ou d’attention

Au moment de les quitter, la prof me propose de revenir le soir a 19h pour une classe plus jeune. All right. C’est interessant dans le trip “soit prof pendant une journee”. Le soir donc, je repete inlassablement en articulant bien des phrases tres simples “how are you ?”, “what is your name” ? “Do you like America ?” Chose interessante, a chaque fois que je pose cette question on me repond nettement non. Y compris quand je la pose en chinois: Ni xihua Meiguo ma ?
J’essaie de ne pas etre monopolise par les moins timides, de varier mes propos en restant simple. On fait des echanges de chansons a la fin et je leur sort du Brassens. L’enseignement c’est sympa mais c’est tuant. Faut faire attention a tout, etre attentif a chacun, ne jamais s’arreter, bouger sans cesse. On peut aussi faire un monologue derriere un bureau mais ca veut dire qu’on a rate l’occasion de changer de metier.

Lorsque je repart trois midinettes veulent aller manger avec moi. Accord de la prof qui reste en contact radio. Ok je les amene a mon stand de nouilles prefere, prestige made in France oblige. Je les lache ensuite dans la nature car une grande destinee m’attend:  le sreet ping pong !

Cette fois, j’y vais avec MA raquette. Oui ma raquette de merde qui fait “cloc” et qui est lourde. Une bonne raquette c’est leger et ca fait “tap” ca fait pas “cloc”. Mais bon il faut aller dans un magasin specialise et donc vous connaissez l’histoire, je n’ai trouve qu’une raquette decathlon, mais enfin au moins je m’y suis un peu habitue a Kunming.

Un autre vieux maitre est en train de mettre rouste sur rouste a un jeune qui encaisse sans broncher. C’est un bon niveau. Ils ont du bon matos et pas un filet de briques. Il parle ping pong en jouant, doit enchainer 20 sets. Lorsqu’il arrete il fume en continuant a parler ping pong. Je pourrais finir comme ca, en donnant des lecons de ping pong en pleine rue des soirees entieres ! C’est lorsqu’il stoppe que j’enchaine deux adversaires. Defaites. Et moi j’encaisse moi bien. Au bout de deux ou 3 sets de perdus je serre la main de mon adversaire avec un sourire force. Fuck de Fuck de Fuck. J’ai quand meme emporte quelques sets. Je pouvais me les faire mais le terrain etait lourd. Non en fait je gerais mal leurs services. Au passage note pour Thierry: on jouait des sets de 11 points et oui, finalement c’est pas mal.

Note pour tout le monde: au deuxieme match j’ai perdu mon public car crepage de chinions au stand de brochettes d’a cote et deplacement de l’attention populaire. Que voulez-vous une actualite chasse l’autre ! Deux Chinois qui s’engeulent ca donne du geulage pendant une heure sans en venir au main avec des tas de badauds autour.

Dernieres images de cette chouette ville:


Mon stand de nouilles prefere et la patronne


Ce monstrobus flambant neuf a tente un creneau dans des conditions qui m’ont bien fait marrer. Autant dire aue ca a rate.

  • avril
  • 13
  • 2008

Hobby x 16

Aye j’ai pris froid. Le temps s’est degrade et je suis content de ne pas avoir renvoye a shanghai mon gros blouson ni mon echarpe.

Je bois des cafes. oui, des cafes. Et c’est hors de prix, enfin au prix europeens, c’est a dire que pour un cafe j’ai quatre bols de nouilles. Mais je parle du cafe bien prepare, dur a trouver, alors j’en profite. Autant je mange sans probleme comme les chinois moyens, autant tourner au the vert j’y suis pas encore. J’essaye mais bofbof. Le the vert millenaire, nectar des empereurs, aux traditions immemorielles, au mille vertus ? Oui-oui-oui, mais ca vaut pas un espresso italien ou un double moka avec un carre de chocolat noir. Navre.

Le soir je revois mes apprentis guides. Ils veulent absolument me faire visiter leur ecole. Un peu le bordel pour se retrouver, mais on finit par y parvenir. Heureusement je viens de m’equiper avec un portable chinois. Il n’y a plus les 2 types de la veille mais un gars plutot sur de lui, bien cool, loquace, chenyuan jie. On va a l’ecole. Puis on dans leur classe. Et la toute la classe m’attends, prete a faire des heures supplementaires 20h-22h (dimanche) ! Je me presente, fait le pitre, leur pose des questions, corrige un peu leur anglais, distribue des oranges heureusement achetees sur le trajet. Je rempli une quantite impressionnante de carnets: home-hobby-from-destination-number: ca doit etre un exercice a faire a chaque fois qu’ils rencontrent un etranger. Je n’ai jamais donne mon num de tel a autant de filles en meme temps ! oui, parceque le chenyuan jie est le seul bonhomme, tu m’etonne qu’il est loquace et sur de lui, la star.. Cela dit tout le monde est tres rieur et energique. La soiree pase en un eclair mais je les quitte vers 10 heures, ils se couchent a cette heure-ci et sont bien jeunes pour que j’exerce une mauvaise influence decadente.


Ma classe turbulente


Ma classe quasi en position


 Je leur ai fait ecouter les beastie boys et Brooklyn Funk Essentials.


La star

  • avril
  • 13
  • 2008

Representation

Le Mal Etre en occident est construit en partie par la representation. Pas seulement celle de Diderot, ou l’on est en representation, mais celle du marketing moderne qui nous fait poursuivre en permanence une representation. La fabrique permanente de l’insatisfaction de soi, ne pas etre ce qu’on est. Il y a une image a atteindre. Aucune societe liberale ne peut fonctionner sans la fabrique permanente de l’insatisfaction, je ne fait la decouverte du siecle.

J’introduit simplement un des mes sujets d’observation favoris: quelle representations sont fabriquees en Chine, afin de vendre fringues, cosmetiques, bagnoles et compagnie ?

Dans une ville moyenne, le marketing n’a pas encore invente le faux rebelle, l’eco-satisfait, l’aventurier ou l’urbain sauvage.
Niveau masculin, c’est le golden boy qui doit etre fantasme, accessoire classe et beau costume, air de resussite assure sur fond de gratte ciel. La representation en question est homme d’affaire, designer, architecte, trader, boit du vin rouge en soiree, joue au golf. Tres important le golf. L’occidental disparait des affiches au fur et a mesure que la Chine prend de l’assurance, mais il est remplace par un asisatique qui a le meme comportement.
Chose interressante a noter: le jeunisme n’a pas encore fait autant de ravages que chez nous. L’homme de quarante ans ou plus a encore une place de choix dans la representation. La reussite semble plus ici associee a un homme d’age mur qui ne plaisante pas, dans une posture legerement plus vraisemblable que le milliardaire de 25 ans fabrique en occident.


Cette marque semble avoir decroche le gros lot en s’assumant clairement chinoise et en utilisant ce modele

“Modernisation” aveugle, invasion du toc, place de l’homme d’age mur, reussite en costume, impact imminent avec une societe encore traditionnelle qui va souffrir: il y a un cote France pompidolienne dans cette Chine-la, celle des films comme le cercle rouge, 2 hommes dans la ville, Les films de Jacques Deray, les hommes seuls dans leur r16 dans une France grise qui aboie, juste avant la fin de nuit glauque 75-85, de buffet frooid, de griffu, de serie noire. Et il n’y aura pas d’exutoire politique. Mais je m’egare.

Les femmes sont representees en belles de la nuit rarement, en menageres elegantes plus souvent. Elles arboresnt toutes un sourire a ce point conventionnel et fabrique que je me demande si il ne faut pas faire une ecole rien que pour le produire. Une sorte de sourire sage clone qui n’exprime rien du tout, c’est tres troublant. Ni complicite, ni folie, ni tendresse, ni provocation, ni amusement, rien, c’est presque inquietant. Et ce n’est pas uniquement parce que je suis un etranger incapable d’interpreter, car en vrai, en les observant discuter, on voit immediatement qu’elle expriment plus avec le sourir, meme si je ne suis pas certain des significations. Bref c’est tres sage.